Ubuntu 11.04 : changement radical?!

Ubuntu

Ubuntu 11.04, nom de code Natty Narwhal (le narval chic), vient de sortir. Cette version fusionne le bureau d’Ubuntu Netbook dans la version bureau avec le projet Unity. Un changement radical qui ne s’est pas fait sans douleur. Les variantes intègrent KDE 4.6 ou restent sur GNOME?2.  

Installation

Ubiquity, l’installateur d’Ubuntu, est maintenant capable de mettre à jour une installation existante. Cette option est présentée à côté du choix du type de partitionnement assisté. L’assistant de partitionnement propose plus de schémas types, mais de manière plus explicite, avec icônes et phrases explicatives efficaces. Voilà qui réduit le nombre de cas nécessitant un partitionnement avancé.

L’installation nécessite désormais 4,4?Gio. Le modèle de l’ordinateur est inclus dans la génération du nom d’hôte?; par exemple, pour l’utilisateur «?ubuntu?», ubuntu-MacBook sera proposé.

Logiciels inclus et leurs versions

Linux 2.6.38

Ce noyau inclut les optimisations pour environnement de bureau, pour la virtualisation et pour la recherche de chemin dans le VFS. Il dispose de l’intégration de KDB dans KMS, ce qui permet de « planter proprement » dans le code gérant la programmation de la carte graphique. Beaucoup d’améliorations dans la prise en charge des cartes Radeon (puces Fusion des GPU Ontario, puces Northern Islands des cartes Barts, Turks et Caicos, PCI-e 2.0), nVidia avec Nouveau (puces Fermi) et Intel (optimisations de la consommation, branchement à chaud d’écrans). À noter cependant : le pilote libre pour les cartes NVidia fourni avec Ubuntu ne permet pas d’activer Unity et renverra au bureau GNOME classique.

NdM : à noter également qu’une augmentation importante de la consommation énergétique (de l’ordre de 10?% en moyenne, mais jusqu’à 30?% dans certains cas) a été constatée depuis le noyau 2.6.38. Ce problème est encore à l’heure actuelle sans solution. Voir l’article de Phoronix, pour de plus amples détails.

dpkg 1.16.0pre

Cette pré-version gère le multi-architecture. Il s’agit de pouvoir installer des paquets de plusieurs architectures sur le même système. Cela cible essentiellement le mélange d’architecture 32/64 bits.

Upstart 0.9

Le remplaçant d’init permet désormais d’écraser la configuration des services, sans toucher aux fichiers distribués. On peut aisément désactiver un service (lancement manuel) ou ajouter une dépendance à un autre service. Upstart permet aussi de spécifier la dépendance à un socket, plutôt qu’à un service. Cela permet d’avoir une comportement similaire à inetd : le service n’est démarré que lorsqu’on reçoit une connexion sur un port précis. Enfin, uptstart 0.9 gère les chroot. Lorsqu’on interroge upstart dans le chroot avec la commande initctl, l’instance d’upstart hôte exécute les opérations dans le chroot.

L’abandon d’upstart en faveur de systemd de Lennart Poettering depuis Fedora 15 fait perdre un utilisateur de poids. Il semble que la politique d’Ubuntu soit plutôt de faire jouer la concurrence en intégrant des idées issues de systemd. On se souvient qu’Ubuntu avait abandonné usplash en faveur de Plymouth, la solution de Fedora. Le marché des remplaçants de SysVinit ne fait que s’ouvrir?!

Unity

C’est la nouvelle interface très controversée du bureau d’Ubuntu. Ayant donné lieu à une polémique avec l’équipe de GNOME 3, le choix d’utiliser Unity ne s’est pas fait sans douleur pour Canonical. Son fondateur Mark Shuttleworth a dû s’expliquer à de nombreuses reprises sur son blog, sans arriver à convaincre.

Un dock latéral

Unity propose un dock latéral droit sur toute la hauteur. La corbeille est toujours en bas du dock. Le dock latéral défile en cas de surpopulation. Il inclus un lanceur pour activer la vue en plan des espaces de travail, façon Spaces de Mac OS X. Les items du dock ont un fond coloré. Dès qu’une fenêtre est placée par dessus le dock, celui-ci se masque. C’est également le cas lorsqu’on maximise une fenêtre. Une étiquette claire apparaît au survol des items du dock. Pour chaque item du dock, un petite flèche blanche à droite indique que l’application est lancée, des petites flèches blanches à gauche représentent chacune une fenêtre ouverte par l’application. La barre de menu traditionnelle « Application, Raccourcis, Système » est disséminée entre des indicateurs et des écrans de recherche.

Trouver où chercher.

Différents écrans d’accès aux applications, bureaux et raccourcis sont accessibles soit depuis le bouton Ubuntu, soit depuis un bouton dédié dans le dock. Chacun de ces écrans permet de rechercher interactivement dans son domaine, en proposant la même interface. Les catégories d’applications multimédia et Internet sont présentées à côté des applications les plus courantes. Il faudra chercher un peu pour pouvoir filtrer sur la catégorie d’application.

Où est mon menu ?

Les applications n’ont plus de barre de menu, sauf LibreOffice. La barre de menu est en fait intégrée dans le tableau de bord supérieur, et n’apparaît qu’au survol de la souris. Lorsqu’une application est maximisée, la barre de titre est fusionnée dans la barre de menu.

AppIndicator

Disponible depuis la 10.04. AppIndicateur est désormais l’unique API permettant aux applications d’insérer des informations dans le tableau de bord. Elle offre une alternative cohérente, accessible, thèmable et portable aux applets de GNOME Panel. Plus de clic droit ou gauche, d’icône colorée ou monochrome, etc. Network Manager et le calendrier sont intégrés par défaut. Une bordée d’indicateurs sont développés par des tiers. La barre de menu est elle-même un indicateur.

À l’origine AppIndicator est une API issue de KDE, permettant de séparer la logique du dessin desapplets de tableau de bord. Elle inclut en sus la gestion de menu, ce qui attire l’attention des développeurs de GNOME Shell, dont c’est un des buts. AppMenu est un indicateur qui injecte le menu dans le tableau de bord. Canonical a tenté en vain de proposer libappindicator comme dépendance externe à GNOME. Cela mena à un débat houleux ayant amené un certain nombre de questions. Doit-on proposer une dépendance externe avant qu’un des modules en ait besoin?? Où est la place pour la décision dans le processus de conception de GNOME?? Qui décide chez GNOME??

Barres de défilement discrètes

Un travail de fond a été réalisé sur les barres de défilement. Désormais, les applications GTK+ ont une barre de défilement très fine et colorée. Au survol, des boutons apparaissent en surimpression pour faire défiler la fenêtre. Une idée originale pour gagner en place et qui ne change pas nos habitudes.

In fine, le bureau d’Ubuntu change radicalement. On retrouve le même souci de proposer une interface plus discrète, et les mêmes rapprochements avec Mac?OS X que GNOME?3. L’avenir dira qui de GNOME Shell ou de Unity a fait les meilleurs choix. En tout cas, un nouveau troll est né?!

Banshee 2.0

Ceux qui se sont réjouis du départ de F-Spot et attendaient celui de Tomboy (remplacé par l’excellent GNote) pour bouter Mono hors de l’ISO vont être déçu : un nouveau logiciel en C# remplace un concurrent écrit en C/python : Banshee remplace Rhythmbox. Banshee permet de gérer également une bibliothèque de vidéos. À noter que Shotwell 0.9.1 gère la vidéo également.

En vrac

  • Python 2.7 est maintenant la version Python par défaut
  • GCC 4.5
  • Serveur Xorg 1.10 et Mesa 7.10 incluant la prise en charge de Sandy Bridge et le multi-tactile.
  • Evolution 2.32.2
  • GNOME 2.32
  • Firefox 4.0 et son interface épurée.
  • Shotwell 0.9.1 inclut la gestion de vidéos et les greffons.
  • LibreOffice 3.3.2

Variantes d’Ubuntu

Avec l’intégration d’Unity, la variante Ubuntu Netbook Edition se voit désormais fusionnée avec la version bureau pour les architectures Intel. Elle reste active pour les architectures armel (variantes ARM « petit-boutiste »), OMAP3 et OMAP4.

Ubuntu Serveur

En vrac :

  • Powernap 2.0 pour réduire la consommation (14?% de baisse observée)?;
  • ISC DHCP4 remplace DHCP3?;
  • Eucalyptus 2.0.2, l’infrastructure de virtualisation de services?;
  • OpenStack 2011.2 (Cactus) en avant?première technologique, également pour gérer la virtualisation de ses services?;
  • libvirt 0.8.8?;
  • Apache Cassandra 0.7, la base de données issue de FaceBook libérée en 2008 ;
  • Percona XtraBackup pour les sauvegardes de bases de données MySQL.

Kubuntu

Kubuntu inclus KDE SC 4.6.2 et Qt 4.7. KWin est optimisé. Les applications peuvent être associées à des activités Plasma. Le partage de fichiers Samba dans Dolphin est effectif. Solid se passe de HAL.Nepomuk permet de rechercher dans les métadonnées des fichiers. Oxygen-GTK intègre les applications GTK+ dans KDE. Le sélecteur de langue est intégré dans les préférences système. Kubuntu se base désormais sur GStreamer pour le décodage multimédia.

Xubuntu

XFCE 4.8 est disponible. Plus de HAL, passage à GIO, nouveau tableau de bord et plus encore.

Edubuntu

Edubuntu est livrée avec GNOME 2.32 et non Unity. Celui-ci reste en option. Arkose permet d’exécuter les applications dans un bac à sable. En vrac :

  • Pencil permet de créer des dessins animés
  • Geogebra pour l’enseignement des mathématiques
  • Calibre pour la gestion des e-livres.
  • LibreCad pour la conception assistée par ordinateur en 2D

Ubuntu Studio

GNOME?2 est également conservé face à Unity. La tâche audio a été divisée en deux : « generation », pour la création à base de synthétiseur et « recording », pour l’enregistrement d’instruments de musique. Un noyau à faible latence est disponible dans l’archive, mais pas installé par défaut.Network manager fait son entrée dans Ubuntu Studio.

Ubuntu GNOME Remix

Par ailleurs, une variante spontanée Ubuntu GNOME Remix voit le jour. Elle est issue de la communauté, déçue de l’abandon de GNOME?3 par Ubuntu. Cette variante se base sur la PPAGNOME 3 initiée par Robert Ancell, créateur de Simple Scan. Ce dépôt est très instable, mais l’engouement pour GNOME?3 est réel.

MythBuntu

La sauvegarde est maintenant programmable depuis les préférences. Les périphériques Android et iOS peuvent-être utilisés comme télécommandes. MythTV 0.24 est inclus.

Ubuntu 11.10 : Oneiric Ocelot

Le nom de code de la prochaine Ubuntu est Oneiric Ocelot, comme annoncé par Mark Shuttleworth. Cette version devrait inclure une implémentation 2D de Unity et la sélection de Qt sur le bureau.

Unity va-t-il être adopté par les autres variantes?? et par d’autres distributions?? Unity et GNOME Shell vont-il cohabiter longtemps?? Cette version marque un vrai changement dans l’ergonomie d’Ubuntu et dans la politique de Canonical. Le prochaine version au support à long terme doit arriver dans un an. Canonical a fort intérêt à consolider ses choix. Faute de quoi, bien des utilisateurs pourraient quitter le navire pour DebianFedoraOpenSUSE ou Mint. À moins qu’Ubuntu GNOME Remix ne reçoive plus d’attention, évitant une possible hémorragie?? Ubuntu est définitivement à observer de près durant les prochains mois, notamment à cause de ses choix radicaux?!

[Article initialement publié  sur le http://linuxfr.org | Auteur :   | contributeurs  : Sébastien WILMET, Marc QUINTON, yellowiscool, ecyrbe | sous licence Creative Commons BY-SA 3.0 ]

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *