Petite analyse des réseaux sociaux

Ploum, de son vrai nom Lionel Dricot, nous livre l’article Petite analyse des réseaux sociaux que nous avons cru bon de reproduire sur notre blogue, vu sa pertinence. Une comparaison de Facebook, Twitter, Identi.ca, Diaspora, Google+.

Les linuxfriens qui lisent les journaux savent que je suis un réseau social addict (et j’ai même fini par craquer et créer un compte Facebook).

Or, aujourd’hui, j’aimerais faire une petite comparaison ni éthique ni technique mais bien sur le contenu, qui ne concerne bien entendu que ma propre expérience.

Différence avec le blogue

Chez moi, le blogue sert à publier des textes relativement travaillés, réfléchis et qui ont une pertinence «intemporelle». Ils ne sont donc pas une réaction émotive à un événement ou une idée passagère. Il s’ensuit que certains billets sont encore consultés des mois, voire des années plus tard. Certains connaissent même une popularité tardive, phénomène qui ne semble pas exister sur les réseaux sociaux. Sur les réseaux sociaux, une information disparaît dans l’oubli total en quelques heures seulement.

Twitter

twitterÉtant donné la brièveté des messages, Twitter favorise en fait les sites web externes. Si un bon mot ou une petite phrase est parfois populaire et reprise, on est souvent dans l’échange de liens. Et c’est une excellente chose.

Sur Twitter, on est très peu dans le côté social et beaucoup plus dans les centres d’intérêts. On connaît peu de gens dans ceux qu’on suit. La seule chose qui importe est la pertinence des informations.

Il s’ensuit que tout lien intéressant se trouve à un moment ou un autre sur Twitter et que Twitter permet d’obtenir des liens qui nous intéressent, tout en ayant une certaine diversité.

Par contre, le flot est tellement important que beaucoup d’information se perd. Ainsi, un lien posté la nuit ne trouvera aucun écho mais ne sera pas non plus repris le matin. Il s’ensuit que certains twitteurs répètent et répètent plusieurs fois le même lien. Cela fonctionne à petite échelle mais rajoute un bruit de fond incessant.

Identi.ca

identi.caPendant libre de Twitter, on pourrait s’imaginer y trouver la même chose en modèle réduit. Eh bien, force est de constater qu’identi.ca est beaucoup beaucoup moins actif et réactif que Twitter. Sur identi.ca, une petite minorité d’acharnés fait l’animation et, au final, on voit toujours les 4-5 mêmes «posteurs». Les informations ne sont reprises et discutées que lorsqu’elles concernent directement le logiciel libre. Tout ce qui sort un peu du domaine du logiciel libre se réduit à peau de chagrin.

Exception avec les groupes, qui permettent de recevoir des informations liées à un domaine sans pour autant suivre toutes les personnes et ce qu’elles publient sur d’autres sujets. Les groupes ont cependant leur limite: à parti d’une certaine taille, le flux est tel qu’il est ingérable et qu’il n’y d’autre solution que de se désinscrire. En dessous d’une certaine taille, ils sont inutiles.

Facebook

facebookIl existe beaucoup de blagues sur les utilisateurs de Facebook, sur le fait que les filles posent avec des «duck face» ou mettent des photos de Twilight dans leur profil, que les mecs mettent des photos de bagnoles ou d’eux torse nu en vacances à la plage.

Tout cela est vrai. Les informations sur Facebook sont très rarement intéressantes et sont noyées dans les flots de messages inutiles et les publicités. Une information qui vous semble importante est très rarement reprise, alors que des photos amusantes ou des news «people» sont reprises des milliers de fois. Le principe même de Facebook est de toute façon de noyer toute velléité d’organisation: amis ou abonnement? Page ou groupe? Abonnement ou page? «Post» ou article? «Post» ou message privé? C’est la confusion la plus totale et il n’y a aucune manière satisfaisante de faire le tri.

Notons que si on veut s’intéresser à la vie locale, Facebook est la seule plateforme sociale un peu pertinente.

Mais un énorme point noir: tout ce qui n’est pas Facebook n’a aucune chance d’exister par soi-même. Les utilisateurs de Facebook ne cliquent pas sur les liens. Ils ne sortent jamais du message Facebook. En conséquence de quoi, une information devra être copié-collée sur Facebook si on veut la diffuser. D’ailleurs, le principe des partages via Facebook fait en sorte que s’il y a un lien dans un texte, cliquer sur partager ne partagera que le lien et non le texte. Cela semble intéressant, mais, au final, cela casse la communication et donne le réflexe de ne pas partager de lien, de ne pas cliquer sur des liens.

Lorsqu’on publie un texte sur Facebook, le niveau des commentaires et du débat décolle très, très rarement, se cantonnant dans les «trop fort» ou les «oulala» (avec, bien entendu, des exceptions).

Google+

Google+G+ tranche avec Facebook par sa simplicité théorique. Cependant, si cette simplicité et ce lissage enchantent les technophiles, il repousse la majorité qui trouvent G+ «non-intuitif».

Il s’ensuit que le monde G+ est peuplé de technophiles et que, pour beaucoup, tout ce qui est sur G+ est intéressant.

C’est en quelque sorte une bulle où les geeks se réfugient. Si, socialement, ils ont un compte Facebook pour voir les photos de famille, ils se replient sur G+ en espérant de tout cœur que celui-ci reste un endroit élitiste.

Le syndrome du «pas de lien» est nettement moins marqué. Des informations peuvent très vite être reprise des dizaines de fois. Il est d’ailleurs amusant de constater à quel point un texte fouillé ou réfléchi peut être repris très vite sur G+ et rester complètement ignoré sur Facebook, alors que l’on retrouve les même personnes dessus!

Le niveau des commentaires sur G+ est, par contre, incroyable: chaque post est plus ou moins garanti de recevoir quelques commentaires, généralement de qualité et posant de réelles questions. G+ est donc une plateforme très ouverte en ce qui concerne le débat.

Diaspora

 

diaspora

C’est malheureux à dire, mais les seules informations qui sont populaires sur diaspora concernent… Diaspora lui-même. On trouve donc relativement peu de débats, peu d’information qu’on n’aurait pas trouvé ailleurs.

On pourrait croire que, comme sur identi.ca, le logiciel libre serait très représenté. Il reste pourtant anecdotique, les libristes ayant en fait investi G+.

Les commentaires eux-mêmes sont rares (sans doute à cause du peu d’utilisateurs actifs) et, si certains sont constructifs, on observe une beaucoup plus grande tendance à la critique négative là où, sur G+, les commentaires sont très souvent constructifs.

Conclusion

Les conclusions sont simples:

  • Twitter est l’outil par excellence de découverte d’informations complexes et originales. C’est également un bon outil de diffusion si on a des followers et qu’on poste aux heures de pause pendant le travail. Twitter est également un outil d’ouverture du web, même si cela parait contradictoire.
  • G+ est l’outil idéal pour débattre, affiner ses opinions ou tester ses idées. Quel que soit le sujet (les geeks ont toujours une opinion pour tout)
  • Facebook est indispensable pour communiquer dans des communautés non-technophiles (que ce soit une passion, une localité, etc). Mais il est extrêmement bruyant et très peu rentable en terme de diffusion/collecte/débat.
  • Identi.ca n’est utile que si l’on tient à communiquer avec une petite fraction de libristes. Les groupes ne se révèlent utiles que très anecdotiquement et une grande partie des utilisateurs sont plus actifs sur Twitter. Il n’y a donc pas d’intérêt pratique à utiliser identi.ca
  • Diaspora est réservé… à ceux qui veulent tester Diaspora. C’est dommage à dire mais le constat est flagrant. Certes, on peut y rencontrer des libristes convaincus mais la mixité et le nombre étant très faible, cela n’a finalement aucun intérêt direct.

Consultez la source | Article initialement publié sur linuxfr.org sous licence Creative Commons | Auteur : Ploum |

2 Comments

  1. pie2r

    La mort de Facebook annoncé. Le Monde : Un réseau social voué à la disparition. http://ur1.ca/9f6wl
    Au Royaume-Uni, le programme gouvernemental Midata demande aux entreprises de restituer à leurs clients les données dont elles disposent sur eux. En France, le projet MesInfos prépare une expérimentation du même type. Partout, des développeurs et des entrepreneurs testent des réseaux sociaux « acentrés » ou encore des « entrepôts personnels de données » sous le contrôle des individus.

  2. LoupDeVille

    En effet comme nous l’avons vue ce soir lors de la rencontre du CLA du 21 juin 2012, il n’y a pas d’unanimité dans les libristes pour avoir une seule source fiable et stable pour réseauter socialement un minimum. Oui mais avec un maxi d’info pertinente, c’est soit trop de Bavardage inutiles des conversations de jour à jour non technique ( facebook ) et trop peu accessible à la masse diaspora.

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