Les membres du Parlement européen doivent se tenir prêts à rejeter l’accord commercial Canada-UE, clone d’ACTA

Qu’est-ce que CETA ?

CETA logoCETA, pour Canada-EU Trade Agreement (en français Accord Économique et Commercial Global (AÉCG)) est un vaste accord commercial négocié depuis 2009 entre le Canada et l’Union européenne. Actuellement en phase de finalisation, il pourrait être signé avant la fin de l’année 2012.

Quelques jours seulement après le rejet de l’ACTA au Parlement européen, une version fuitée du chapitre consacré à la protection de la propriété intellectuelle de CETA a été publiée, et reproduisait mot pour mot les pires passages d’ACTA. De nombreux analystes voient également dans CETA une réécriture des traités OMPI et ADPIC (OMC).

Une fois encore, cette fois à travers CETA, la Commission européenne tenter de contourner les institutions démocratiques et d’imposer les mesures répressives déjà rejetées par les citoyens et le Parlement européen. À l’instar d’ACTA, CETA représente une menace majeure pour la liberté d’expression en ligne et est porteur d’insécurité juridique pour les acteurs de l’Internet.

Le communiqué de presse de la Quadrature du Net

Paris, 2 octobre 2012 – À l’approche du prochain round de négociations de CETA (accord commercial Canada-UE) – du 15 au 26 octobre à Bruxelles -, La Quadrature du Net publie son web-dossier dédié. L’organisation citoyenne appelle les membres du Parlement européen à exiger une transparence totale sur ces négociations et à se tenir prêts à rejeter CETA de la même manière qu’ils ont rejeté ACTA, si jamais des dispositions anti-Internet et des attaques contre les libertés et droits des citoyens subsistaient dans la version finale de l’accord.

À nouveau, la Commission européenne tente de contourner le processus démocratique et d’imposer des mesures répressives pour les libertés en ligne à travers un accord commercial. Bien que le commissaire De Gucht prétende que les dispositions issues d’ACTA ne se trouvent plus dans la version actuelle de CETA, rien ne permettra de vérifier cette affirmation tant que les négociateurs conserveront ce document secret. La dernière version fuitée de CETA, datant de février 2012, reproduit mot pour mot les pires dispositions anti-citoyennes d’ACTA, au nom cette fois du Canada et de l’UE.

La Quadrature du Net publie son web-dossier sur CETA et appelle les membres du Parlement européen à s’opposer, une fois encore, aux tentatives honteuses de contournement des processus démocratiques de la Commission européenne. Les députés européens doivent exiger de la Commission qu’elle publie la version actuelle de CETA avant le prochain – et probablement dernier – round de négociations à Bruxelles, prévu du 15 au 26 octobre.

Dans le cas où des dispositions répressives issues d’ACTA s’attaquant à l’Internet libre et aux libertés de ses utilisateurs seraient toujours présentes dans la version actuelle de CETA, les membres du Parlement européen doivent garantir aux citoyens qu’ils resteront fidèles à leurs engagements et rejetteront l’accord commercial dans son ensemble.

Apparemment, la Commission européenne n’a pas tiré les leçons de sa défaite cinglante de juillet dernier. Il semble au contraire que le commissaire De Gucht cache de nouveau des informations essentielles aux citoyens et députés européens, et tente de contourner le processus démocratique avec CETA pour imposer ses mesures répressives. Les eurodéputés doivent rester fidèles à la position courageuse qu’ils ont adopté contre ACTA, et rejeter CETA dans son ensemble si jamais les dispositions issues d’ACTA se trouvaient toujours dans la version finale de l’accord

a déclaré Jérémie Zimmermann, cofondateur et porte-parole de l’organisation citoyenne La Quadrature du Net.

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